Augsburg 1520

AUGSBURG 1520

Jeu de

Karsten Hartwig

2 à 5 joueurs
à partir de 12 ans
25 à 75 mn
Edition  Alea  2006
 
Impact de la langue : peu

cartes - enchères - prêts
"Augsburg 1520" vous propose d'incarner un riche banquier tel que le fût Jakob Fugger, précurseur de la finance moderne. Vous prêtez votre argent à des nobles, puis faites valoir vos droits et gagnez des privilèges (argent, titres de noblesse, nouvelles fonctions).












DescriptionParties

Présentation du Jeu

"Augsburg 1520" est le 3ème jeu Aléa proposé dans ce format de boîte, et comme pour ses prédécesseurs, celle-ci est plutôt bien remplie :
  • 1 petit plateau collectif sur lequel figure les portraits de 5 nobles (Philipp, Louise, Leo, Maria et Maximilian), une piste de nombre de tours, et une de prestige/score, en bordure,
  • 5 plateau individuels (jaune, vert, bleu, rouge et marron), représentant le statu du joueur dans 3 domaines : argent, noblesse et fonction.
  • 5 marqueurs de score, assortis aux couleurs des plateaux individuels,
  • 2 marqueurs couleurs bois, pour les tours et les nobles,
  • 80 cartes reconnaissances de dettes dont 68 aux noms des 4 premiers nobles (Philipp, Louise, Leo et Maria) de 200 à 400 florins, numérotées de 1 à 17 pour chaque noble, et 12 jokers (de 400 florins),
  • 10 cartes privilèges sur lesquels sont indiqués 3 sortes de gains,
  • 27 tuiles échelon, à raison de 9 pour chacune des catégorie (comptoir=jaune, titre de noblesse=orange, fonction=violet)
  • 30 tuiles droits (églises, cathédrales, blasons, lettres de noblesse,...)
  • 70 billets de 50, 100 et 500 florins.
Chaque joueur prend un plateau, un marqueur de score, 1500 florins et 2 jokers. Les reconnaissances de dettes restantes (jokers inclus) sont mélangées et chaque joueur en reçoit 7. Pour pouvoir conserver ces cartes, et plus tard, faire valoir leur droit, il faut commencer par payer leur valeur. Chacun commence donc par choisir parmi ses 7 cartes, celles qu'il souhaite conserver, et les paye.

Les 10 cartes privilèges sont mélangées et 5 d'entre-elles sont retournées face découverte, à côté du plateau.

La partie peut maintenant commencer...

Déroulement d'une Partie

La partie se joue en 4 à 7 tours, selon le nombre de participants. Chaque tour commence par une phase d'enchères durant laquelle les joueurs mises des cartes de reconnaissance de dettes afin de gagner des privilèges. Elle est suivie par une phase de gain, où chacun reçoit les bénéfices de son statut dans 3 domaines : argent (jaune), noblesse (orange) et fonction (violet).
  1. Les Enchères :
    Il y a 5 enchères successives, chacune correspond à une visite auprès d'un noble, pour faire valoir ses reconnaissances de dettes.
    Les joueurs enchérissent en cartes, indépendemment de la valeur de reconnaissance de dette qu'elles représentent, mais seules les cartes du noble à qui les joueurs rendent visite peuvent être utilisées (et les jokers).
    Les enchères se déroulent en plusieurs tours, où chacun a la possibilité de surenchérir (sauf sur lui-même), de passer ou de tenir (offrir le même nombre de cartes).
    Ainsi, à la fin d'un tour d'enchère, si plusieurs joueurs offrent le même nombre de cartes, ils doivent alors les montrer simultanément. Le gagnant sera celui qui offre la carte portant le chiffre le plus élevé, indépendemment de la valeur de reconnaissance de dette, et du total des cartes !
    Il doit défausser les cartes de son offre, et choisir une carte privilège parmi celles faces découvertes. Il peut appliquer 2 des 3 privilèges proposés sur cette carte.
    Ceux-ci lui permettent d'élever son rang et d'acquérir des droits, dans les domaines cités précédemment. Ces évolutions se matérialisent par la pose de tuiles échelons ou droits supplémentaires sur son plateau. Les tuiles pour les échelons les plus élevés sont en nombre limité, inférieur au nombre de joueurs, ce qui fait qu'elles pourront changer de propriétaire à plusieurs reprises au cours de la partie.
    Les autres joueurs récupèrent leurs cartes, et les perdants d'une enchère "tenue" touchent un dédommagement de la banque : 100 florins pour le premier perdant, 50 pour le second.

    La 5ème enchère concerne Maximilian, pour lequel on peut exceptionnellement miser les cartes de reconnaissance de dette de tous les nobles. Le gagnant n'aura plus qu'une seule carte privilège de disponible, et n'aura donc pas le choix.

  2. Gains :
    Chaque joueur, en commençant par le gagnant de la dernière enchère reçoit l'argent correspondant à son niveau jaune, les points de prestiges de son niveau et ses droits oranges, et le nombre de nouvelles cartes de reconnaissance de dettes indiqué par son niveau et ses droits violets.
    Comme en début de partie, les joueurs devront acheter les cartes qu'ils souhaitent conserver en main.
Ensuite, les 5 cartes privilège suivantes sont retournées face visible. Si les 10 cartes ont déjà été utilisées, on les remélange.
A l'issue des 4 à 7 tours de jeux, le joueur ayant cumulé le plus grand nombre de points de prestige est déclaré vainqueur.

Et comme si tout ceci ne suffisait pas, pour pouvoir dépasser 25 points de prestige, les joueurs doivent avoir au préalable construit une église, et pour dépasser 45 point, une cathédrale. Ces constructions sont payantes, mais leur coût est dégressif. Ainsi la première église construite coûtera 900 florins, la 2ème 700, la 3ème 500, etc... Le principe est le même avec les cathédrales.

Parties jouées : 7
Parties commentées : 0

Il n'y a pas encore de partie commentée de "Augsburg 1520"

Verdict

Si au premier contact Augsburg 1520 peut paraître un peu déroutant avec la gestion du statut dans 3 domaines, des droits associés, les constructions d'églises et de cathédrales, et le tout mené par des enchères faites en reconnaissances de dettes pour gagner des privilèges, vous vous rendrez vite compte que tout ceci s'enchaîne très naturellement.

Les 3 domaines correspondent aux 3 types de gains, et plus le statut est élevé, plus à la fin de chaque tour les gains sont importants :
  • L'argent est indispensable pour acheter des reconnaissances de dettes, construire l'église et la cathédrale.
  • Le prestige est le but du jeu, et plus tôt on élève son statut, plus tôt on accumule des points.
  • Les reconnaissances de dettes sont indispensables pour enchérir et par conséquent gagner des privilèges qui permettent d'élever son statut.

  • Parmi les bonnes idées qui font toute la richesse d'Augsburg on trouve en premier lieu le système d'enchères, en nombre de cartes, et la possibilité de tenir, sans surenchérir. Il ne suffit pas d'avoir de fortes cartes, ni d'en avoir beaucoup. Un joueur avec de fortes cartes s'expose à la surenchère en nombre, alors qu'un joueur avec beaucoup de cartes mais plus faibles, sera vulnérable si un adversaire se contente de tenir son enchère, car il n'a pas le droit de surenchérir sur lui-même.
    De même, il est tentant pour un joueur de tenir une enchère simplement pour gagner les 100 florins de dédommagement. Mais ce n'est pas sans risque, car sur un coup de bluff, vous pourriez finalement gagner l'enchère et défausser beaucoup de cartes inutilement.

    La possibilité de "voler" une tuile d'échelon social à un autre joueur, lorsqu'il n'y a plus de tuile de ce niveau disponible, est également une source de tension. Les gains n'étant distribués qu'à l'issue de la 5ème enchère, ces tuiles peuvent changer de main à plusieurs reprises durant un tour de jeu, mais seul le dernier propriétaire en bénéficiera réellement...

    Enfin, l'obligation de construire une église et une cathédrale est loin d'être anecdotique. Elles sont fort coûteuses, ce qui est très pénalisant dans la perspective d'acquisition de nouvelles reconnaissances de dettes. Il est alors bien tentant de laisser un autre les payer au prix fort, avant de construire les siennes pour un prix moins élevé. Mais un mauvais calcul peut vite vous faire perdre des points de prestige, ce qui se produit bien plus souvent qu'on ne pourrait le croire.

    Ces choix difficiles rappellent les meilleurs jeux de Knizia, et Augsburg aurait très bien pu être l'une de ses créations. La tension est bien présente, et s'intensifie tout au long de la partie.

    Alors pourquoi "seulement" 4 étoiles ?
    Parce que l'influence de la donne se fait sentir, compliquant la tâche de certains et facilitant celles des autres. Au fil des tours le jeu se rééquilibre tout de même (ceux qui gagnent les enchères défaussent leurs cartes, et les plus avancés payent plus cher la construction de l'église et de la cathédrale), mais un retard au démarrage est souvent plus difficile à ratrapper car les avantages se cumulent à la fin de chaque tour.


    Augsburg est un jeu d'enchère
    qui renouvelle un peu le genre.



    Interaction

    Règles

    Matériel


  • Enchères originales
  • Tendu
  • Hasard des donnes